Opération Cloud Ring

Une petite précision en guise d’introduction. Les événements relatés dans cet article sont antérieurs à ceux décrits dans « Des abeilles et des bombes ». Toutes mes excuses pour cette chronologie capricieuse.

YI-8ZM. J’ai manqué à mon devoir de pilote car les jours ont passé depuis la dernière entrée dans ce journal. Mais j’ai été un peu pris de cours par les événements. Je vais tenter de résumer les faits depuis l’intervention de Nancy Crow jusqu’à aujourd’hui.

Suite à l’annonce, il faut organiser le déménagement vers le nouveau staging de Brave à Kehjari.  Pas trop de soucis de ce côté-là, l’affaire est rondement menée par la division transport de Tornisk. Aunsou se vide peu à peu. Même le Titty Twister est dans les cartons et les caisses et le Nereus du tenancier est en plein chargement.

Quelques heures plus tard, le projet de la corpo est dévoilé.  Je boucle ma dernière valise quand je reçois le message de Zinox.

« Chers collaborateurs et amis. L’heure est venue pour Beyond Frontier de faire son retour en null sec. »

Je souris, une poussée d’adrénaline parcourant mon clone. Enfin ! Nous nous en doutions tous, mais en avoir la confirmation est un vrai bonheur.  Bye bye le low sec, ces plexeurs en warp core stab et ses sentries à la con.

« Nous avons passé un accord avec Pandemic Horde pour les aider à tenir la Sov dans Cloud Ring. Le deal est que nous allons combler les trous de leurs effectifs dans certains quarts. Nous aiderons Pandemic Horde et Waffles à gagner et tenir la constellation de Tinnimerci dans Cloud Ring. L’accord prévoit que nous devenions les propriétaires de YI-8ZM et que nous tenions cette place. Il est clair qu’il ne s’agit pas d’un accord de renting mais bien d’un accord militaire. »

Je suis presque sur le cul. Pandemic Horde et Waffles font partir de la « Pandemic family », et jusqu’ici, on n’était pas particulièrement potes. C’est dire l’importance de cet accord. Même si les accords entre (ex) ennemis n’ont rien d’inédit dans New Eden. En fait c’est une putain de bonne nouvelle.

Je consulte la carte. YI-8ZM est un système frontalier entre Pandemic Horde et Spacemonkey’s Alliance, une des composantes de la CFC.  A deux jumps du low sec.  L’emplacement idéal pour se lancer dans la souveraineté. Les jours suivants sont consacrés aux move-fleets. Destroyers et croiseurs sont stockés aux docks de Kehjari. L’activité est intense autour de la station jusque-là bien paisible. Les boules d’énergie rougeâtre des cynos se succèdent. Les hangars et les coursives de la station caldari sont bondés d’uniformes aux couleurs de Brave Collective. Certains arborent déjà l’insigne du calamar cyclope, le logo de Brave Squids. Je ne peux m’empêcher de penser que désormais nos routes se séparent. Je n’arrive pas à me défaire d’un sentiment bizarre, ambigu. Je n’aime pas les caldari, et mes frères d’armes depuis deux guerres vont maintenant combattre à leurs côtés. Je pense trop et il est temps d’aller noyer mes doutes dans l’alcool.

Enfin, le grand jour arrive. Un changement de plan de dernière minute nous fait passer du Moa (croiseur, armes hybrides) au Cormorant (Destroyer, armes hybrides). Notre mission se limite au soutien et à la protection des vaisseaux « entosis », chargés de reprogrammer les balises de souveraineté flottant dans l’espace. La flotte de PH et Waffles s’occupera des hostiles.

Le plan se déroule plutôt bien, malgré le chaos dans les coms et la confusion qui règne dans la constellation de Tinnimerci. Une fois les balises capturées, notre flotte est en partie anéantie par celle de Pandemic Legion, alors qu’ils étaient censés être avec nous pour l’opération. Une leçon de plus à retenir. Les survivants se regroupent dans YI.

A l’assaut de la station :
Puis nous abordons la station. Un groupe de fusiliers gallente en armures de combat, des mercenaires grassement payés, nous précèdent pour sécuriser les hangars. Je suis leur progression grâce aux caméras intégrées des armures. Les quelques mercenaires de SMA sont rapidement neutralisés ou abattus. Le feu vert est donné, je sors de mon pod pour enfiler une armure légère et m’équiper d’un rail gun d’assaut et de grenades flash.

XTOF envoie un message sur tous les canaux :
– A tous les membres du personnel ! Nous prenons possession de cette station, au nom de Brave Collective. Toute résistance est inutile. Rendez-vous, et nous vous garantissons une évacuation vers le système de votre choix. Résistez et vous serez éliminés.

Fusiliers et capsulers sont répartis en trois escouades. La première (dont je fais partie) est chargée de prendre le centre de contrôle, la seconde le poste de contrôle du réacteur, la troisième doit tenir les hangars au cas où ça tourne mal.

– Bon, v’là le topo, dit le sergent Stone, le chef des fusiliers, un géant de 2m10, engoncé dans sa lourde armure de combat.
– Les volants, vous restez derrière et vous nous laissez ouvrir la route. Jouez pas les héros et laissez les pros faire leur job. Ne tirez qu’à mon ordre sur les cibles marquées, c’est compris ?
– Ok boss, ça marche.

Je visualise le trajet sur l’holo de mon casque. Au moins dix minutes en passant par diverses coursives et monte-charges. Ça fait pas 500 mètres que nous progressons qu’une volée de laser nous tombe dessus. Je me plaque au mur, derrière un gros conduit d’alimentation.

– Quatre hostiles. Grenades flash pour un tir à 50 mètres, cri le sergent.
Je règle le sélecteur de mon fusil. L’indicateur passe au vert pendant que les fusiliers ripostent à l’arme lourde et marquent les cibles. La cible 3 est coupée en deux par une rafale de fléchettes à haute vélocité, repeignant le couloir de sang, d’os et d’organes pulvérisés. Les autres sont pointées, je sors de mon couvert et appuie sur la gâchette.  Cinq grenades partent, ma visière s’obscurcie quelques dixièmes de seconde et la coursive s’illumine de flashs incapacitants. Je sens les masses de trois armures de combat lancées au pas de course me frôler. Nouvelles rafales. Des corps tombent.

– Coursive sécurisée, on avance go, go, go !

J’enjambe les restes sanguinolents des mercenaires de SMA. Je regarde Kishar à côté de moi.

– Hey, tu devrais prendre quelques clichés pour la propagande.
– Bof, sont plus très photogéniques là, répond-t-elle, goguenarde.

On reçoit un rapport de l’escouade 3 dans le hangar. Le clone de Galir s’est fait plombé par un sniper. Un coup de laser pleine bourre entre les yeux. C’est vraiment pas de bol.

On progresse rapidement, croisant juste une équipe de maintenance. Les mecs ne sont pas armés.

– Barrez vous de là, et restez planqués dans vos quartiers !

On repart, en les gardant quand même en visuel. Enfin, nous arrivons près du centre de commande, juste un niveau au-dessus de l’entrée.  Un des fusiliers envoie un mini drone araignée furtif en reco. Les images arrivent.

– C’est la merde sergent. Trois drones de combat devant la porte et je détecte… des mines de proximité dans la coursive.
– On va pas se laisser arrêter par trois tas de ferrailles. Mais les mines, c’est vraiment la merde, répond le sergent.
– Les mines réagissent bien à des formes de vie organiques ? demande Thrukin.
– Affirmatif.
– Alors j’ai une idée. C’est un peu dégueulasse, mais ça pourrait marcher.
– Vas-y, balances, dis-je.
– La clone bay est à côté. On emprunte 2-3 clones, on les colle sur des chariots et on les lance dans le couloir.

Cinq minutes plus tard, un chariot contrôlé à distance et chargé de trois clones solidement sanglés fonce dans la coursive. Les mines s’activent, projetant un nuage dense d’éclats métalliques dans le passage étroit. Les clones éparpillés redécorent la coursive façon puzzle. Pas le temps de vomir, un décompte s’affiche sur ma visière. 3…2…1…0… Deux rail guns lourd se déchainent devant moi, lâchant une nuée de projectiles EM de gros calibre sur les drones. Les boucliers crépitent puis explosent. Un fusilier s’écroule, une jambe en moins. Un bip me donne l’ordre de tir, projectiles thermal, rafale continue. Cinq secondes qui semblent une éternité.

– Halte au feu !
Les drones gisent à moitié fondus devant la porte. Thrukin pirate rapidement la serrure. Nous entrons, précédés de quelques grenades flash.  Le centre est vide, et entre nos mains. L’escouade 2 de Nosfé tient le réacteur. La station est à nous. Op success.

Quelques heures plus tard, la station est nettoyée. Les SMA qui se sont rendus sont évacués comme promis. Les autres sont morts. La flotte ressort pour sécuriser les balises et les hubs. Enfin, le système est notre. Le logo de Brave flotte sur le TCU. Maintenant, il va falloir le garder, et ça c’est une autre histoire…

Hekto J. Fin de transmission…

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