Cognefort, prologue.

Les gouttes de pluie raisonnaient doucement sur les tuiles du toit. Mac Finran émergeait doucement de sa léthargie nocturne.
Boum ! boum ! boum ! Quelqu’un frappait à la porte de la chambre.
« – Grrrr ! grogna Mac.
– Quoi encore ! Je ne peux rien faire pour la pluie, je suis druide, pas chaman !
– Commandant, c’est l’archimage, il est ici et désire vous parlez, ça a l’air urgent. »
C’était le sergent, l’intendant du fief.
« – Grrrr ! Maudit soit-il. C’est bon j’arrive. Prévenez les autres, je vous retrouve en salle de guerre dans cinq minutes. »

Quel foutu oiseau de mauvaise augure, ce Khadgar, pensa Mac. Depuis qu’il avait rencontré l’archimage, quelques semaines auparavant, sa vie était devenue une suite de péripéties dangereuses et continues. D’abord cette lettre, reçue alors qu’il était encore en Azeroth, exerçant son art de par le monde, au nom du Cercle Cénarien.

Khadgar demandait, à lui et à ses compagnons, de se rendre dans les terres foudroyées (un endroit fort déplaisant, au passage), où un « soit disant » grand danger menaçait le monde. Un de plus. Décidément, ce monde n’en finissait pas de s’attirer des problèmes. Guerres, dragons, dieux anciens, et quoi encore maintenant ?

Une peccadille. Juste une invasion d’orcs venus d’un passé alternatif par la Porte des Ténèbres. Comment un truc aussi invraisemblable pouvait bien advenir ? Encore une expérience ratée des gnomes ? Le destin funeste d’un monde qui attirait à lui toutes les malédictions de l’univers et du néant distordu réunis ?

Tant de choses s’étaient passés depuis, tragiques ou glorieuses. La mort de Maraad, le sacrifice de Velen, la bataille de Shattrath, la fin de Garrosh, l’avènement d’Yrel. Tout ça en si peu de temps.

Prêt et revêtu de son armure de cuir vert, il descendit pesamment les escaliers et se dirigea vers la salle de guerre. Il salua le planton de garde devant la porte.
« – Il est là ? demanda-t-il.
– Oui Commandant. La plupart des autres aussi. « ajouta-t-il.
Mac grimaça. Sous sa forme worgen, ça donnait surtout l’impression qu’il montrait les crocs, et le garde frissonna instinctivement. Cette habitude qu’ils avaient de l’affubler de ce ridicule titre militaire finissait par l’agacer à la longue.

Il poussa la porte et entra. Il observa rapidement ses compagnons présents. Les chasseurs, Horion l’humain, Alyv la draeneï et Febe, l’elfe de la nuit. Heureusement, ils avaient laissé leur ménagerie dehors. Venait ensuite Ojama, le pandaren, moine et tacticien de la compagnie. Huron, le guerrier, bardé de son lourd harnois et de son bouclier. Aradya, l’autre druidesse de la bande. Elle avait eu le bon goût de ne pas paraitre en forme de chouettard pour le moment. Jalaezh, le paladin, dans son armure rutilante, un chiffon à la main (le code de conduite des paladins leur imposait de l’astiquer en toute occasion manifestement).

De l’autre côté de la pièce se tenaient Binock, l’astucieux et espiègle mage gnome. Un expert dans le domaine du comique de répétition à base de portail pour l’Exodar (où Theramore accessoirement). Puis l’autre Ojama, le prêtre nain, chopine à la main et pipe au bec. Comment un nain pouvait-il bien avoir le même nom qu’un pandaren ? Ça restait un mystère, mais il se disait qu’un état civil particulièrement déplorable en était la cause, suivit par un choix d’identité de remplacement non moins déplorable et mal avisé. Axeres, le sinistre chevalier de la mort était le suivant. Une mince pellicule de givre couvrait son heaume et son armure. Enfin, assis près de l’âtre, dans l’ombre, se tenait Rogerdon, ou Don Roger, son identité n’étant pas clairement établie. Sans doute une conséquence de son passé de voleur (ou de pirate), à l’accent des mers du sud.

Les autres étaient absents. En mission pour le compte de la guilde, ou bien planqués on ne sait où à se la couler douce aux frais de la princesse.

Une bien belle brochette de héros, pensa Mac, un brin amusé.

Khadgar était au fond de la salle, suivit comme son ombre par sa fort peu efficace garde du corps elfique (il s’était déjà fait poignarder en sa présence).

« – Salutations ! dit Mac, d’une voix grave et profonde, plus proche d’un grognement de fauve que d’une formule de politesse.

– Bien ! dit Khadgar.
– Vous êtes tous là, commençons. »

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